Si une majorité des personnes interrogées se prononcent pour la fermeture des centrales nucléaires, un grand nombre d’entre elles demandent : Comment faire pour se passer du courrant produit par les centrales nucléaires ?
Une idée communément répandue veut que les énergies solaire et éolienne remplaceront le nucléaire. En fait, il existe d’autres substituts à la production de courant d’origine nucléaire : la cogénération, l’efficacité énergétique et la baisse des exportations de courant (voir encadrés et graphiques).
Le principe consiste à produire du courant de façon durable. Mais ce n’est pas tout, il est tout aussi important d’utiliser au mieux chaque Kilowattheure produit. Dans la question « Oui mais comment? », il y a aussi un aspect financier. C’est cet aspect qui détermine de cas en cas la meilleure alternative à mettre en œuvre.
Exporter le courant nucléaire ?
En 2001, la Suisse a été un exportateur net d’électricité pour pour 19 % de sa production à été exportée. Cela représente autant de production nucléaire dont on peut se passer. On peut donc diminuer les exportations et se passer du tiers du courant nucléaire produit annuellement en Suisse. Une partie résiduelle d’exportation pourra être maintenue pour prévenir des fortes variations saisonnières. Les barrages pourront êtres utilisés pour compenser la discontinuité de la production éolienne.
C’est la combinaison avantageuse de toutes ces mesures qui, en 12 ans (délai fixé par l’initiative Sortir du nucléaire), permettra largement au pays de se passer du nucléaire, et des menaces qu’il fait peser.

Les barrages hydrauliques nous fournissent plus de 60 % du courant électrique produit en Suisse. Le reste du courant provient essentiellement des 5 centrales nucléaires. Remplacer la tranche nucléaire est possible par la combinaison la plus avantageuse des moyens répertoriés dans les encadrés. Sur la totalité de la production de courant d’origine nucléaire, la moitié peut être remplacée par la cogénération, 30 % par l’utilisation plus efficace du courant, 30 % par une diminution des exportations de courant (la Suisse exporte de l’électricité bien plus qu’elle n’en importe), 30 % par les ressources d’énergie renouvelables. Le potentiel pour remplacer le nucléaire dépasse largement la consommation annuelle, et ceci de façon durable, sans produire de déchets, sans coûts pharamineux de démantèlement et sans risque de contamination par la radioactivité, dépasse largement la consommation annuelle.
Efficacité énergétique
Un tiers du courant provenant des centrales nucléaires est gaspillé, représentant autant d’énergie et de dépenses inutiles. « L’ efficacité énergétique » consiste en une utilisation rationnelle du courant produit, sans perte de confort. Ceci tant pour les entreprises que pour les ménages...
Les ampoules modernes consomment 5 fois moins que les ampoules classiques, les frigidaires classe A consomment 2,5 fois moins que les D. Les appareils laissés en mode stand-by continuent inutilement à consommer de l’énergie. (Les kWh économisés ne représentent pas seulement autant de production nucléaire dont on peut se passer, mais aussi des économies sur les factures de fin de mois.)
Cogénération
Actuellement les chaudières ne tournent que pour alimenter radiateurs et robinets en eau chaude. Un énorme gisement d’énergie peut être dégagé en les remplaçant par des appareils produisant également du courant électrique, sans consommer davantage. C’est le principe de la cogénération. Le principe de la cogénération est de fournir et du courant et de la chaleur. Des quartiers de la ville de Lausanne, par exemple, sont alimentés en chaleur et en électricité par l’usine de Pierre de Plan. La caserne de Bière bénéficie d’une installation qui brûle du bois et produit chaleur et électricité…
Les possibilités de la cogénération en Suisse dépassent de loin celles du nucléaire. Elles pourraient remplacer avantageusement le 50 % du courant nucléaire.
Renouvelable
Le rayonnement solaire, le vent, la géothermie, le bois, le dénivelé des cours d’eau peuvent, de façon inépuisable, êtres convertis en électricité, sans production de déchets. Le potentiel de développement de ces énergies et la variété de leur utilisation sont considérables. Ainsi des panneaux solaires thermiques pourraient fournir dans la plupart des bâtiments, à la place des boilers électriques, le 60 % de l’eau chaude sanitaire consommée. Des mini-centrales hydrauliques peuvent encore être installées sur certains réseaux d’eau potable ou sur certains égouts…
Décentralisées et adaptées aux ressources des différentes régions, les énergies renouvelables prendront une part grandissante dans notre approvisionnement énergétique.
Merci à SortirDuNucléaire (Suisse) pour cet article :
http://www.sortirdunucleaire.ch/index.php?inc=comment.php