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Articles & Documentation Pollution Nucléaire Irradiation : un cocktail explosif dans nos assiettes
 

Irradiation : un cocktail explosif dans nos assiettes

Date de publication : Jeudi 03 Mars 2005 à 23H30:59
Déjà 6085 personnes l’ont lu






Santé. Les
aliments stérilisés par source radioactive remplissent nos assiettes.
Pourtant, les études sur leur toxicité sont controversées. Une
manifestation est prévue samedi, devant l’usine Ionisos, à quelques
kilomètres de Lyon, l’un des sept centres d’irradiation français.




Des cuisses de grenouilles aux rayons gamma, des ailes de poulet au
cobalt 60, des fraises et des haricots au césium 137 (le cobalt 60 et
le césium 137 sont deux éléments radioactifs) ... non, il ne s’agit pas
de cuisine-fiction, encore moins de gastronomie extraterrestre. Nos
assiettes en sont pleines et on en consomme tous les jours. Sans le
savoir. Bon appétit !

Tous ces aliments ont un point commun : ils sont traités par
rayonnements ionisants. C’est la technique dite de l’irradiation,
encore appelée ionisation. Développée à l’origine par la NASA pour
nourrir les astronautes dans un environnement confiné, elle a ensuite
été développée industriellement par un lyonnais, à la fin des années
70. Autrement dit, avant d’être vendus dans les rayons des
supermarchés, les aliments prennent, pendant quelques heures, un bain
de “soleil” devant une source hautement radioactive bleuté: le
cobalt 60 ou le césium 137 . La société Ionisos, dont le siège social
est implanté à Dagneux, dans l’Ain, est l’un des rares centres à
irradier toutes sortes de produits - on en compte sept en France et 167
dans le monde. Du matériel médico-chirurgical aux matières plastiques,
en passant par les cosmétiques et les composants électroniques, tout y
passe. L’agro alimentaire compris. Chez nous, ce sont principalement
les cuisses de grenouilles congelées, quasiment toutes importées d’Asie
et ionisées à 100% , les volailles, les abats de poulets et les épices
(cumin, gingembre, curry, poivre, etc).

Mais bon nombre de fruits et légumes provenant de pays tropicaux et
subtropicaux ont de grandes chances d’être irradiées délibérément. En
fait, l’ionisation permet de ralentir la dégradation des aliments en
empêchant la germination des bulbes et des tubercules, en
éliminant les insectes et les micro-organismes (bactéries, levures,
moisissures) et en asphyxiant les vers parasites dans les viandes
blanches, comme les salmonella ou les listeria.. A première vue,
l’irradiation peut donc apparaître comme un moyen efficace de lutter
contre les intoxications alimentaires.



L’irradiation modifie la structure moléculaire des aliments...

Mais pour de nombreuses associations de consommateurs et de
scientifiques, l’amélioration des qualités hygiéniques des aliments
n’est pas une fin en soi. Ils pointent du doigt la potentielle toxicité
des aliments irradiés. Ainsi, pour sensibiliser le public, une dizaine
d’associations, dont Attac, Confédération paysanne, Biocoop, Action
Consommation et le réseau Sortir du nucléaire, organisent, samedi
prochain, une manifestation devant les grilles de Ionisos pour
protester contre cette banalisation. “Au-delà du fait que Ionisos
manipule des matières radioactives, nous ne savons pas quel est
l’impact des aliments irradiés sur l’organisme humain. Pour cette
raison, nous demandons l’arrêt définitif de l’irradiation volontaire
des aliments” explique Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du
nucléaire. Chez Ionisos, ça sent le roussi. Les responsables de
la société sont sur le qui-vive. La gendarmerie et la police en alerte
rouge. Pas question de courir le moindre risque : huit mètres carrés de
Cobalt 60 sont entreposés dans l’enceinte de l’usine. De quoi
contaminer une région entière pendant des siècles.. La technique, bien
au point, impressionne : à peine une heure de rayonnement gamma et
toute la structure moléculaire d’un aliment est “cassée”, sans que ce
dernier change d’apparence. Résultat : l’aliment n’abrite plus le
moindre organisme vivant. “L’aliment est mort sur la plan biologique,
les tissus sont pulvérisés, l’ADN détruit” explique Roland
Desbordes, scientifique à la Criirad **, l’association qui a publié les
cartes officielles des vraies retombées de Tchernobyl en France. Il
ajoute que les cides aminés et les vitamines sont également tuées
- “notamment A, B1, B6, B12, C, E, K, PP”. Bref, manger des ananas de
Guinée au mois de mars risque de ne vous apporter qu’un effet
psychologique. Son irradiation permettra d’allonger considérablement sa
durée de conservation. Comme l’explique Esmilaire, directeur industriel
de Ionisos France,“c’est l’idéal pour les distributeurs qui
peuvent vendre leurs produits plus longtemps, en repoussant la date
limite de consommation”.



Les rats développent des cancers du colon

Malgré l’agrément de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Union
européenne pour irradier certains aliments, des craintes subsistent.
Les aliments irradiés créent de nouvelles molécules, dont les effets
sont encore très peu connus. On les appelle les cyclobutanones. En
2002, une étude franco-allemande réalisée sur des rats a montré que ces
“composés peuvent être considérés comme des promoteurs dans le
processus de la cancérogenèse intestinale” **. Les militants
anti-irradiation ont donc pris cette étude comme base de leurs
revendications. Mais chose surprenante, Eric Marchioni, professeur à la
Faculté de pharmacie de Strasbourg et l’un des auteurs de l’étude, que
nous avons contacté rectifie le tir des associations : “les
cyclobutanones produits par les aliments ionisés ne sont pas dangereux
en soi. Ils sont un facteur aggravant. En l’état actuelle de nos
connaissances, on peut dire qu’il n’y a aucune conséquence sur la
santé”. Et de conseiller : “entre un aliment ionisé et un autre,
choisissez l’ionisé, c’est plus sûr”. Un argument que conteste
néanmoins Roland Desbordes, directeur de la Criirad, comme beaucoup
d’autres scientifiques. “Du moment où l’on observe des réactions chez
le rat, dont le patrimoine génétique est similaire à 99% à celui de
l’homme, on peut se poser des questions... même s’il y a un pas entre
le rat et l’homme. On ne peut donc pas conclure à l’inoccuité de
l’irradiation des aliments pour les humains”. Même au sein de l’Union
européenne, les avis divergent. Un rapport de la commission de
l’environnement de l’Union européenne, publié après l’étude
franco-allemande, recommande en effet de soumettre à examen
scientifique “une recherche sur les effets à long terme”, les cancers
mettant en effet plusieurs années à se déclarer. Qui a raison ? Qui a
tort ? Les aliments ionisés que nous mangeons tous les jours sans le
savoir sont-ils nocifs pour l’homme ? Dans le doute, le principe de
précaution vaudrait d’être appliqué sur le sujet. C’est en tous cas
l’idée de la charte de l’Environnement, votée lundi au Parlement, à
Versailles. En attendant, l’obligation d’étiqueter les aliments
irradiés comme tels est n’est pas appliquée - exception faite des
cuisses de grenouilles congelées. Les distributeurs sont réticents à
estampiller leurs produits “irradiés” ou “ionisés”. Le consommateur,
lui, commence à avoir les crocs.



Guillaume Lamy

* Criirad : commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité
** Etude toxicologique transfrontalière destinée à évaluer le risque encouru lors de la consommation d’aliments gras ionisés. Dominique Burnouf, Henry Delincée, Andrea Hartwig, Eric Marchioni, Michel Miesch, Francis Raul, Dalal Werner. Karlsruhe 2002.

Encadré 1
Aliments “contaminés” et aliments “irradiés”
Les aliments “contaminés” contiennent des particules radioactives. Les produits radioactifs peuvent provenir de gaz et d’aérosols radioactifs, de fuites, du recyclage de matériaux contaminés, de retombées d’essais nucléaires, de stockage de déchets nucléaires, etc. L’ingestion d’aliments contaminés provoquent des lésions au sein des tissus qui peuvent être à l’origine de mutations celullaitres et ainsi favoriser l’apparition de cancers ou de maldies génétiques. Les aliments “irradiés” sont soumis à des rayons ionisants afin de détruire la flore pathogène. Ils ne deviennent pas radioactifs mais leur structure est profondément boulversée. Pour l’heure, leur toxicité n’est pas prouvée. leur inocuité non plus. Pourtant, on en mage tous les jours..

Encadré 2
Le Codex Alimentarius adoptera-t-il la radioactivité ?
Le Code alimentaire international, plus connu sous le nom de Codex Alimentarius, fixe les normes alimentaires mondiales. D’ici la fin de l’année, une révision révolutionnaire pourrait être adoptée et changer durablement nos modes de consommation et nos comportements. Il s’agit d’autoriser la commercialisation d’aliments contaminés par les installations nucléaires qui fonctionnement normalement. La norme ne sera plus l’absence de contamination mais une contamination considérée comme “acceptable”. Aujourd’hui, la règle est de tolérer une telle commercialisation qu’en situation post-accidentelle et pour une durée maximum d’un an. “Ces normes seraient celles adaptées au lendemain de Tchernobyl, sans réserve de temps, c’est scandaleux !” tempête Roland Desbordes, directeur de de la Criirad (commision de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité). L’enjeu est donc de taille. L’union euroépenne doit donner son avis en avril à Rotterdam.
G.L

Encadré 3
Les aliments ionisés en France
L’Union européenne autorise l’ionisation de certains produits : “les herbes aromatiques, les épices et les condiments végétaux”. Mais l’irradiation est également autorisée pour certains aliments, destinées à l’alimentation directe des consommateurs et pouvant être contaminées par des souches de salmonella ou de listeria : viande de poulets, oeufs, fromages au lait cru, cuisses de grenouilles, crevettes. En France, cela concerne les herbes aromatiques surgelées, les oignons, l’ail, les échalotes, les légumes et les fruits secs, les flocons et germes de céréales pour produits laitiers, la farine de riz, la gomme arabique, la volaille, , la viande de poulet, les abats de poulet, les cuisses de grenouilles congelées, le sang séché, le plasma, les coagulats, les crevettes congelées décortiquées ou étêtées, les blancs d’oeuf, la caséine, les caséinates.

Les internautes réagissent :

 De kinu, le Mardi 02 Février 2010 à 10H32:57

très bien Alain, tu as l'air de bien "connaître" le sujet. Alors pourrais-tu stp nous en dire un peu plus avec arguments et démonstrations scientifiques à l'appui.

Qd à moi, je suis docteur ès sciences de l'environnement, travaille dans la recherche depuis 10 ans et demande des démonstrations pertinentes et solides pour me faire une idée qui me semblera être la plus réaliste (autrement dit, cela nécessite un travail important de synthèse bibliographique).
Critiquer est une bonne chose mais encore faut-il argumenter pour assoir ses positions.

Merci bien
 De alain tabuteau, le Jeudi 03 Décembre 2009 à 12H45:02

c'est la confusion la plus totale.
Si elle est volontaire cela s'appelle du fascisme.
Si elle est involontaire ... le mieux serait de vous taire car vous êtes totalement incompétents (monstruosité des erreurs scientifiques).
Je ne suis ni de la société areva, ni du CEA j'ai seulement 40 ans d'expérience des radioisotopes et des rayonnements.

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