Depuis le 10 février, les industriels de la « protection » des plantes (UIPP) ont lancé une campagne grand public à destination des mères et pères de famille publiée dans Elle, Télérama, Paris Match, Avantage, Marie Claire, Marie France... qui doit durer 6 mois.L'accroche de cette campagne se veut axée sur le dialogue et s'intitule : "
Pesticides: on peut se poser des questions, on peut aussi y répondre".
A cette fin, deux outils ont été créés: un site Internet
www.protectiondesrecoltes.fr et un numéro azur 0 810 10 55 00. d'après l'UIPP, l'idée est d'inciter « chacun à mieux comprendre et à s'informer sur l'utilité de ces produits ».
En fait, cette campagne vise simplement à rendre les pesticides « socialement » plus acceptables en faisant croire à un public non averti qu'ils ne sont pas dangereux, que leur emploi est totalement indispensable et que de toute façon les aliments biologiques ne sont pas meilleurs pour la santé ! (Voir à la rubrique "vos questions sur les pesticides"/ "est-ce mieux de manger bio?").
Pour réagir, une cyberaction a été lancée par le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), relayée par d'autres associations. Voir comment faire ci-dessous. Parallèlement, le MDRGF et un collectif d'associations a entrepris une action en référé contre la campagne de l'UIPP devant le tribunal de Rennes. Le juge se doit se prononcer aujourd'hui 9 mars.
Comment participer à la cyberaction ?1. en ligneCette cyber@ction est signable en ligne
www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=42. par la messagerie électroniqueC'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1. Ouvrez un nouveau message et copiez les adresses ci-dessous comme
destinataires :
Lettre à envoyer aux rédactions suivantes :
Elle:
courrierelle@hfp.fr;gabrielle@elle.fr;cyberacteurs@wanadoo.fr
Télérama
courrier@telerama.fr;regie@publicat.fr;cyberacteurs@wanadoo.fr
Paris Match
flongeville@hfp.fr;cyberacteurs@wanadoo.fr
Marie Claire
redactionweb@marieclairemaison.com;cyberacteurs@wanadoo.fr
L'Express
presse@lexpress.fr;courrier@lexpress.fr;cyberacteurs@wanadoo.fr
Mails groupés Elle, Télérama, Paris-Match, Marie Claire, L'Express:
mailto:cyberacteurs@wanadoo.fr;courrierelle@hfp.fr;courrier@telerama.fr;flongeville@hfp.fr;redactionweb@marieclairemaison.com;courrier@lexpress.fr>
Vérifiez que les six adresses apparaissent bien.
2. Copiez le contenu du message ci-dessous entre ###
3. Collez le contenu (entre ###) dans le nouveau message
4. Modifiez éventuellement celui-ci à votre convenance, mettez votre nom et adresse et signez
5. Rajouter un titre de votre choix au courrier
6. Envoyez-le !
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au courrier des
lecteurs de ces différentes revues et à Cyber @cteurs pour nous permettre de mesurer
l'impact de cette cyber @ction et d'en informer nos partenaires du M.D.R.G.F.
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Prénom
Adresse:
Madame, Monsieur,
Je tiens à vous faire savoir mon mécontentement, car, j'ai appris que votre magazine avait choisi d'ouvrir ses colonnes à la campagne publicitaire que L'Union des Industries de la Protection des Plantes (ou UIPP) vient de lancer, intitulée « Et vous que connaissez vous des pesticides ».Cette campagne d'envergure fait la promotion des pesticides que ses adhérents - les firmes phytosanitaires - fabriquent et commercialisent. Elle développe trois grandes idées :
Les produits bio ne seraient pas meilleurs que les aliments issus de l'agriculture intensive. FAUX
Selon l'UIPP : « /À ce jour, il n'a pas été démontré que les produits issus de l'agriculture biologique possédaient des qualités nutritionnelles supérieures à celles des produits issus de l'agriculture "traditionnelle". /». L'agriculture « traditionnelle », selon l'UIPP, n'est autre que l'agriculture intensive (ou encore dite conventionnelle ou raisonnée) basée sur l'utilisation élevée d'intrants chimiques (engrais et pesticides).
L'agriculture biologique, qui n'emploie pas de pesticides de synthèse, utilise elle des techniques agronomiques réellement traditionnelles. Leur lecture du rapport de l'AFSSA sur les aliments de l'agriculture biologique, juillet 2003, (Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l'agriculture biologique" ; AFSSA, juillet 2003) pris en référence est pour le moins restrictive! Le rapport dit en effet clairement que : « Le mode de production biologique, en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits pour la santé humaine et concourt à une moindre pollution environnementale, notamment de la ressource en eau. » (p 128).
L'emploi des pesticides de synthèse serait indispensable. ENCORE FAUX !
L'UIPP suggère que nous aurions à choisir entre les pesticides ou la famine, en employant des phrases comme : /« Dans le passé, en l'absence de traitement adapté des récoltes, des cultures entières ont été anéanties, à l'origine de famines. »/.
Pourtant, des modes de conduite agricole comme la production intégrée (En Suisse la production intégrée représente les ¾ de la production agricole. http://www.agriculture.ch) ou l'agriculture biologique produisent en quantité suffisante, en utilisant moins ou même plus du tout de pesticides de synthèse.
Des pays comme le Danemark, la Suède ou encore la Norvège ont divisé par deux, ou plus, leur consommation de pesticides en 5 à 10 ans et parviennent toujours à produire suffisamment (Voir : Pesticide Use Reduction is working: An assessment of national reduction strategies in Denmark, Sweden, the Netherlands and Norway. Dec. 2003. PAN Europe).
Plus de 250 000 familles du sud et de l'est de l'Afrique travaillent environ 60 millions d'hectares en biologie (voir FAO : www.fao.org), plus d'un tiers de la production agricole de l'ouest de l'Afrique est biologique...et ces personnes ne connaissent pas la famine.
Cette utilisation serait sévèrement contrôlée et ne serait pas dangereuse. TOUJOURS FAUX !
/Selon l'UIPP : « L'agriculture bio et l'agriculture " traditionnelle " sont toutes les// //deux soumises à des réglementations sévères dont le respect garantit// //l'absence d'effets négatifs sur la santé »./
Cette affirmation subtilement présentée vise à faire croire aux consommateurs que les substances utilisées par chacune de ces deux agricultures sont exemptes de dangers. Ceci est clairement faux car les produits utilisés dans ces deux types d'agricultures ne présentent pas du tout le même niveau de toxicité.
Des produits aux niveaux de toxicité bien plus importants sont utilisés en agriculture intensive tel que des substances classées T ou T+ (Toxique ou Très toxique), pouvant entraîner la mort même à faibles doses (Index Phytosanitaire d'Acta 2005). De plus, des multiples études s'intéressent aux effets à long terme des très faibles doses de ces pesticides synthétiques, démontrant leur caractère cancérigène, mutagène, toxique pour la reproduction, perturbateur hormonal, neurotoxique etc. Pour en savoir plus "Pesticides, le piège se referme", F. Veillerette, , Ed Terre Vivante 2002, ou «Pesticides and Human Health A Resource for Health Care Professionals», Gina Solomon, , The Ontario College of Family Physicians, Systematic Review of Pesticide Human Health Effects, 2004 etc..
La Commission Européenne elle-même, dans son 6^ème Programme d'action pour l'environnement, a reconnu qu'il y a « des preuves suffisantes pour suggérer que les problèmes associés à la contamination de l'environnement et des aliments par les pesticides sont sérieux et s'aggravent ». Cette contamination généralisée est l'oeuvre des pesticides de synthèse dangereux utilisés par l'agriculture intensive, et non pas celle de l'agriculture biologique, qui n'en utilise pas !
En conclusion, je vous demande de bien vouloir ouvrir les colonnes de votre magazine aux personnes qui, comme moi, considèrent cette campagne comme scandaleuse, car elle fait la promotion d'un grand nombre de produits chimiques dangereux. La publication de ce courrier serait à cet égard bienvenue.
Je vous demande enfin de bien vouloir reconsidérer votre choix d'ouvrir vos colonnes à cette campagne de publicité.
Veuillez croire, Madame, Monsieur, à l'expression de mon attachement à la défense de l'environnement et de la santé publique.
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