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Articles & Documentation Pollution Destruction des milieux naturels L’histoire vraie du saccage de l’une des plus belles rivières de Croatie
 

L’histoire vraie du saccage de l’une des plus belles rivières de Croatie

Date de publication : Samedi 09 Décembre 2006 à 22H17:04
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Sous prétexte de vouloir couvrir la quantité ridicule de 1% des besoins croates en énergie électrique, les beautés du canyon de la perle du Karst croate, la rivière Dobra et son écosystème fragile, disparaîtront à jamais. L’étude sur l’impact environnemental de ce projet de construction d’une centrale hydroélectrique a 20 ans, et le permis de construction est douteux. Pourtant, les premiers travaux de bétonnage ont commencé.

Par Marina Kelava, Ivana Sansevic, Emina Buzinkic

Les médias croates proches du pouvoir célèbrent, comme au bon vieux temps du communisme, le projet de la première usine hydroélectrique en construction en Croatie depuis l’indépendance du pays. Ils omettent de mentionner l’impact qu’une telle entreprise aura sur l’environnement. Les spécialistes du Conseil de l’Europe doivent venir inspecter la construction de l’usine hydroélectrique sur la rivière Dobra.

L’association Zelena akcija (« Action verte ») rappelle que l’usine en question ne dispose pas de permis de construire valide, et que sa construction se base sur une étude de l’impact environnemental du projet datant d’il y a vingt ans. Le canyon de la rivière Dobra ne disposera plus jamais des mêmes beautés naturelles, car la construction des turbines a déjà commencé dans le village de Lesce.

Irma Popovic de l’association Zelena akcija signale qu’étant donné le nombre d’irrégularités dans le projet, une équipe d’inspecteurs du Conseil de l’Europe viendra bientôt visiter le site : « Ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer, car l’entreprise Hrvatska elektroprivreda (HEP) a l’intention de continuer avec des projets similaires - citons seulement l’exemple de la rivière Lika, pour laquelle un permis de construction vient d’être validé alors que l’étude de faisabilité pour cette autre usine date également de l’époque yougoslave. Ceci s’explique uniquement par une lacune dans la loi, qui fait que les études sur les impacts environnementaux d’un projet n’ont pas de date de péremption. Bien que la construction ait déjà commencé, nous sommes d’avis que cette irrégularité doit être corrigée au plus vite et, par conséquent, nous continuons de lancer des initiatives pour lutter contre de tels projets ».

Les associations écologiques croates exigent une intervention des institutions européennes luttant pour la protection de la nature.

Treize kilomètres de la rivière pour 1% des besoins énergétiques

La grotte de Drago située sur le cours de la rivière Dobra représente l’une des dix grottes qui disparaîtront sous l’eau une fois que la construction de la centrale hydroélectrique de Lesce sera terminée. Jana Bedek, de l’Association des biospéléologues croates, attire l’attention des journalistes sur le fait que la zone en question n’a jamais été explorée par les spéléologues. C’est une région riche en espèces endémiques, toute la flore et la faune des grottes sont placées sous la protection de la loi. L’entrée de la grotte se trouve pratiquement au niveau de l’eau qui, malgré sa couleur verte, demeure transparente. (...)

« Dobra je (pre)dobra za tako malo struje » - « La Dobra est trop bonne pour si peu de courant » : tel est le slogan de la campagne des associations écologiques qui essaient d’arrêter la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique sur cette perle du paysage karstique croate. Alors qu’au sein de l’Union européenne, à laquelle nous souhaitons bientôt adhérer, des sommes importantes sont investies pour redonner aux rivières leur aspect naturel, nous avons prononcé l’arrêt de mort de l’un des derniers refuge de nature intact. Le canyon de la rivière Dobra va disparaître pour assurer moins de 1% des besoins en énergie électrique de la Croatie. « Un verdict aussi lourd pour un pourcentage aussi faible ? », demandent des associations telles que Zelena Akcija, Bius, Hyla, DZVO Zabac, Dravska Liga, la Société archéologique croate...

« De plus, un simple décompte démontre que si l’on investissait les 65 millions d’euros prévus pour la construction des turbines de Lesce dans l’isolation des maisons, on économiserait au minimum 170 GWh d’énergie par an », affirment les militants de Zelena Akcija. De plus, l’isolation assurerait l’économie de 170 GWh alors que la production prévue de l’usine Lesce ne dépassera pas les 107 GWh.

Selon les estimations citées par ces associations, les pertes d’énergie dans le réseau du HEP sont évaluées à 20%. La compensation de ces pertes demanderait la construction de 20 usines de la taille de celle de Lesce, mais l’idée n’est pas venue aux braves dirigeants de HEP d’orienter leurs efforts vers l’élaboration d’un projet dont l’objectif serait d’économiser l’énergie dans le réseau électrique actuel. « Un pourcent, c’est beaucoup », prétend Radomir Milisic, porte-parole de l’entreprise HEP, tout en refusant de répondre à notre question concernant la somme qu’il faudrait investir pour diminuer la perte de ce même 1%.

Sur la rivière Dobra, il y a déjà deux centrales hydroélectriques, et la rentabilité d’une troisième est incertaine, ne serait-ce qu’à cause du nombre de sites spéléologiques sur cette partie de la rivière, qui vont retenir l’eau et diminuer son niveau.

Les associations ont, entre autres, soulevé la question de la validité du permis de construire des turbines. « Nous disposons d’un permis de construire pour les travaux que nous sommes en train d’effectuer », lance Radomir Milisic, en ajoutant que le permis dont ils ne disposent pas encore concerne les travaux qui n’ont pas commencé.

Une faille dans la loi

Avec la construction de la centrale de Lesce, le canyon de la Dobra sera détruit sur une longueur de 13 km et se transformera en lac d’accumulation, et ceci au moment même où la dernière version de la proposition de Stratégie nationale pour la gestion des eaux précise que les potentiels en ressources hydroélectriques croates sont épuisés et que, par conséquent, il n’y a plus de place pour de nouvelles centrales hydroélectriques.

La faille dans la loi qui permet ce genre de désastre est due à l’absence d’une quelconque directive qui stipulerait le délai de péremption des études sur l’impact d’un projet sur l’environnement. Ainsi, l’étude pour l’usine de Lesce a vingt ans ! « Cette étude se base sur d’anciennes lois qui ne sont plus valables », explique Irma Popovic de Zelena Akcija. L’adoption de la nouvelle loi est prévue pour la fin de cette année.

Comme celle-ci stipulera un délai de péremption des permis d’emplacement et de construction de deux ans, ceci a incité les dirigeants de HEP de se dépêcher de réaliser le projet de turbines avant cette date. Les associations exigent l’élaboration d’une nouvelle étude des impacts sur l’environnement car elles considèrent que cette zone karstique d’une fragilité extrême mérite un meilleur destin. De son côté, l’entreprise HEP se refuse à rendre accessible l’étude dont elle dispose et les premiers travaux sur Dobra ont déjà commencé. (...)

La violation de conventions internationales

La région de la ville d’Ogulin a été classée comme l’un des dix systèmes écologiques karstiques les plus menacés dans le monde. « Une fois la construction de l’usine hydroélectrique achevée, nous pouvons considérer cette région comme morte », souligne Irma Popovic. Mis à part l’impact sur sa faune sensible et spécialement protégée, le frai d’une espèce endémique du poisson est également mis en danger. Il s’agit d’un poisson appartenant à la famille des truites. « C’est la dernière rivière en Croatie où l’on peut trouver cette espèce rare de poisson (nom croate : mladica). Nous avons lancé un appel aux pouvoirs locaux et à l’entreprise qui mène les travaux mais ils sont restés sourds à nos demandes. Je me sens impuissant et très triste », raconte Dario Bezan, membre du Club des pêcheurs de Duga Resa.

Par une telle intervention, les barrières sédimentaires détritiques seront aussi détruites, et la zone de rafting sera sensiblement raccourcie, ce qui aura un impact immédiat sur le développement de tourisme dans la région. (...) Si, par chance, grâce aux écologistes et militants, les rivières croates arrivent à échapper à la construction d’ usines hydroélectriques sur leurs cours, elles devront encore faire face aux eaux industrielles, aux eaux usées, aux déchets de différents types, à l’exploitation de leurs graviers (le cas de la rivière Drava), au détournement de leurs cours naturels... La situation des rivières croates n’est pas facile aujourd’hui et les associations oeuvrant pour la protection de l’environnement ont devant elles une bataille contre des moulins à vent. D’ailleurs, dans le cas échéant, cette métaphore n’est peut-être pas vraiment appropriée car s’il y avait plus de moulins à vent en Croatie, les rivières croates pourraient couler des jours tranquilles.

Source : http://www.amisdelaterre.org
Suite et source originale : http://balkans.courriers.info/article7315.html

Les internautes réagissent :

 De Marc VANMANSART, le Dimanche 10 Décembre 2006 à 23H11:45

Y a t il une pétition signable comme le propose Cyber Acteur pour sauver des causes similaires ?

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